1.8.11

Avertissement au lecteur




Avertissement à celui ou celle qui s'aventurerait sur ce blog 

avant d'avoir lu Black Coffee


Dans ces pages, vont vous être livrés des éléments ayant inspiré et dicté certains passages du livre.
Ne vous aventurez pas à lire ce blog si vous n'avez pas tourné la dernière page du roman.
Vous briseriez le suspense et risqueriez de confondre certains personnages de fiction 
avec d'autres ayant réellement existé. 
Et ce serait dommage.
Votre imagination est tellement plus subtile 
- et riche.

Bonne route,
Bon voyage sur la route 66.



31.7.11

Tempête à l'aéroport - 22 juin 2011







Roissy Charles de Gaulle, l'aube se lève à peine. Le vol est retardé de 3 heures à cause des intempéries à Chicago. "Vous n'avez pas reçu de mail de la compagnie?" Ah! bon? Plus tard, en effet, en me connectant à ma messagerie, le mail est là, envoyé à 3h30 du matin. Mais à cette heure plus que tardive, l'ordinateur était déjà "plié" dans le sac de voyage et nous, finissant à la hâte de faire les bagages. Parfois, j'enrage de ces nouvelles technologies. Nous allons donc passer la matinée dans l'aéroport à courir après Gaston qui, à 4 ans, raffole des courses-poursuites dans les magasins duty free

Finalement, nous embarquons vers 13h 30. Le vol va durer 9 heures. Les perturbations nous tournent l'estomac, mais les films projetés Date limite et Rien à déclarer nous réjouissent un brin. Nous partons avec le guide du Petit Futé Route 66 dans les bagages. J'ai hâte de commencer à remplir mon carnet de voyage, de partir à la rencontre de la mother road. C'est notre deuxième visite des Etats-Unis "en repérage" pour un roman : le précédent, c'était à San Francisco pour le livre Dans l'oeil noir du corbeau (Pocket). On avait sillonné la baie de SF, enchantés de ses beautés insolentes, Mille Valley, Tiburon, Sausalito et ses pontons garnis de houseboat... Il y sera fait référence dans un passage de Black Coffee.

Roman paru initialement au Cherche-Midi Editeur - En poche chez Pocket



... Dans l'avion, impossible de fermer l'oeil. On est tous bien trop excités par le voyage. La nuit blanche passée à préparer les bagages à a dernière minute (le petit a été malade les deux derniers jours et il a fallu le garder à la maison ce qui a beaucoup perturbé les préparatifs), nous allons la payer au prix fort. Les quinze premiers jours de notre périple seront teintés de fatigue; nous porterons comme un fardeau le décalage horaire. Notre petite famille ressemble déjà à de joyeux explorateurs partis à la conquête du désert avec une pelle et un râteau en plastique à l'heure la plus chaude.

30.7.11

Welcome to chicago - 22 juin




Premières images prises à l'aéroport de Chicago.

Après le passage des douanes américaines (interminable, Gaston dormait contre l'épaule de son papa), il faut encore attendre une bonne heure au bureau du loueur de voitures DOLLAR avant de monter dans notre belle américaine: une Mercury Grand Marquis de couleur bleu ciel et sièges en cuir beige dont l'intérieur dégage une odeur de renfermé et de plastique chaud. Les choses iront mieux lorsque je serais capable de régler la ventilation.



Déclenchée par le décollage et l'atterrissage de l'avion, alimentée par la fatigue et le stress, une migraine liée à une sinusite (étrangement, je suis sujette à des soucis de santé ORL depuis que j'ai arrêté de faire de la radio) s'intensifie, jusqu'à la nausée. Il faudra plus de deux heures à mon mari pour trouver le Motel réservé la veille sur internet dans la banlieue de Chicago à moins de 10 miles de l'aéroport. Epuisés, désorientés, totalement à côté de nos pompes, sans plan de Villa Park où est situé le fameux motel et sans GPS, nous sommes particulièrement minables sous la pluie qui tombe en rafales.




 Les intersections se succèdent, stations services, fast food. Les enfants sont d'une patience exemplaire mais leurs yeux sont cernés de noir et leurs joues grises de fatigue. Autour de nous, des arbres arrachés par la tempête qui sévit depuis plusieurs jours sur la ville, gisent en travers de la chaussée. Plus tard, Gaston nous dira "Je ne veux plus retourner dans vilain parc parce que c'est trop moche!" 

Nous finirons par nous écrouler de sommeil dans une chambre bas de gamme (Genre Formule 1) que le type de l'hôtel nous refile comme on se débarrasse d'un vieux meuble et qui donne sur une route passante.

29.7.11

Un long détour avant de prendre la route... - 23 juin




Mes pilules miracles ont eu raison de la migraine et des nausées. Le cauchemar de la veille semble oublié. Après un breakfast géant avalé à deux pas du motel, nous prenons la route toujours sous la pluie, direction Chautauqua Institution, Etat de New York, là où des amis restaurateurs nous attendent, à l’opposé de la route 66.
Sincèrement, je n’étais pas franchement pour ce détour mais mon mari a insisté : " On est pas loin de chez eux, trois heures de route, pas plus." Mon mari est optimiste de nature. En réalité, ce détour, question distance, c'est grosso modo comme si votre avion avait atterri à Nice et que vous décidiez d'aller rendre visites à des amis à Paris.




Il faudra au moins dix heures pour parcourir la distance Chicago-Chautauqua et traverser trois Etats, avec un décalage horaire d’une heure. Mais Pierre, accaparé par son nouveau travail d'antiquaire, n’a pas pris le temps de regarder précisément ce trajet. Je lui fais remarquer que si nous avions su qu'il y avait une telle distance, nous aurions atterri plus près de chez nos amis Jonathan et Saskia, à Buffalo, ce qu'il concède. Bercé par le ronron des essuie-glaces, Pierre s'engage sur l'autoroute en suivant la direction de Detroit, ce qui occasionne un détour d’une centaine de miles (150 km). Ne pas avoir pris de GPS - franchement stupide de notre part! Pierre ayant vécu aux USA et souvent conduit sur les routes US m'avait convaincue de l'inutilité de cet accessoire. Seulement, un tel périple dictait la prudence.
Heureusement, je sais lire une carte routière américaine (et aussi les replier).




Nous faisons plusieurs étapes sur la route, trouvant quelques rayons de soleil entre deux averses. Nous déjeunons chez Burger King - Annette est ravie, le fiston aussi. En face, l’enseigne imposante d’un Mac Do. 
Nous nous arrêtons dans un Days Inn vers 20 heures où la piscine est trop froide pour se baigner. Gaston se jette dans le jacuzzi avec ses brassards Spiderman; bercé par le glouglou des bulles, mon mari s’endort. Cette capacité qu'on certaines personnes à piquer un roupillon n'importe où et en quelques secondes m'épate. 



28.7.11

riding on the rain - 24 juin




Deuxième jour.
Sur l'autoroute, un aigle géant semble boudeur en dépit de son fier plumage. Nous déjeunons chez Quinn’s, une chaine de restaurant familial. La déco est digne d’une expo d’Art Modeste : une frise représentant Montmartre est même collée aux murs.




Des pots de fleurs séchées, des drapeaux américains et des guirlandes bleu blanc rouge s’accordent avec les tables en Formica recouvertes de publicités locales. Nous sommes étonnés par les quantités servies dans les verres et les assiettes. Nous ne sommes pas encore las de cette nourriture grasse et riche et commandons des Chilis hot-dogs et du poisson frit.






 Nous arrivons à la nuit tombée chez nos amis au restaurant Lafleur harassés de fatigue. Ces deux jours de route et le double décalage horaire (une heure de décalage s'ajoute donc entre l’Illinois et l’Etat de New York) nous perturbent. L’humeur n’est pas au beau fixe, et la pluie qui nous accompagne depuis notre arrivée aux USA rend les choses tristes. Nous aurions mieux fait de prendre deux jours pour nous reposer du voyage et visiter Chicago!
Jonathan et Saskia nous accueillent avec chaleur dans leur merveilleux petit nid fréquenté par une clientèle chic & hype. Ce restaurant à la française est très apprécié et les clients font des centaines de miles pour venir y dîner. Nous nous régalons des plats servis même si l’appétit est freiné par un manque d’entrain généralisé - Gaston s’endort sur mes genoux, bercé par les Gymnopédies que diffusent de discrets haut-parleurs. 

27.7.11

Midway Park - 25 juin





Nous allons demeurer plusieurs jours chez nos amis avant de prendre la route 66; nous en profitons pour visiter la région. Nous longeons Chautauqua Lake et surprenons des Amish en pleine partie de pêche malgré l'averse.

Une étape réjouit Gaston : Midway Park, sur les bords de Chautauqua Lake, un parc d’attractions désuet construit dans les années 50 et dont les manèges branlants rouillent avec nonchalance.




Nous branlons nous aussi de fatigue ; Pierre insiste pour que je prenne le volant de notre voiture à boîte automatique. Ma première impression est que ces voitures sont dédiées à la fainéantise. La conduite est tout sauf sportive, et la voiture fonctionne un peu comme une auto-tamponneuse de fête foraine : elle avance toute seule… Je ne sais pas encore que je me servirai de cette particularité  dans deux séquences cruciales de Black Coffee (Lola repartant de l'aéroport de Phoenix, Desmond au volant de son 4X4 sur une route déserte de Californie). Finalement, je me fais très bien à ce confort et à cette conduite cotonneuse.




Nous dinons à Mayville au bord de la route dans un bar saloon où les enfants se font servir un Shirley Temple (Un diabolo grenadine avec une pointe de sirop de cerise). Même Pierre se mettra à cette boisson régressive et sucrée. Dans l'arrière cour, deux autobus à Impériale se sont trompés de continent et semblent comme échoués. Annette sort son appareil photo.








26.7.11

Chautauqua Institution - 26 juin (dimanche)



Jour de repos pour nos amis ; nous nous promenons avec eux dans les environs, entamant notre périple par un breakfast monstrueux à Bemus Point : pancakes larges comme des 33 T, un cinamon roll pour ogre affamé, et du vrai sirop d’érable sur la table ! I love USA. Ma ligne va en prendre un sérieux coup, je le crains.




Promenade sur le port, puis visite de Chautauqua institution, une sortie de village dont l’accès est contrôlé et qui donne sur le lac. Un lieu hors du temps et du monde où les arts et particulièrement la musique sont célébrés à chaque saison estivale. Il y a même un cinéma où sont projetés des films français: Potiche est à l'affiche!


Ici, la vie est douce, communautaire, les maisons magnifiques, dépourvues de barrières, les porches gâtés d’objets chinés en harmonie avec un jardin fleuri et parfumé. 



Leurs propriétaires sont essentiellement des personnes plutôt fortunées et âgées. On ne ferme jamais sa porte à clé à Chautauqua, personne n’aurait l’idée de venir voler quoi que ce soit. Sauf peut-être les écureuils qui pullulent sur les arbres.




Et l’on se surprend à vouloir s’y installer un jour, même si par certains aspects (trop propret, trop bien ordonné, trop sage, trop fermé) le lieu évoque le feuilleton Le prisonnier.




Cette visite me donne des idées littéraires. Je me vois bien revenir ici en hiver, lorsque la température s’accorde avec la neige et que le village se vide de ses habitants, pour y écrire un thriller… Cela commencerait par des déplacements d’objets, des vols, puis des disparitions d'habitants. Peut-être y aurait-il quelque chose autour d'un fantôme habitant le vieil hôtel fermé chaque hiver et dont la terrasse est construite en pente pour éviter que la neige ne s'y accumule? J'envisage déjà une suite au roman que je n'ai pas encore écrit : plonger dans ce climat et ce décor le personnage principal de Black coffee Desmond G. Blur serait particulièrement jouissif!




25.7.11

When Niagara Falls, falls Niagara - 27 juin





Nous passons également une journée aux Niagara falls. "Ce serait trop bête de ne pas y aller, dit Pierre on est tout près." Bah! voyons. Histoire de rallonger les miles au compteur. Il n'imagine pas l'impatience dans laquelle je suis de rejoindre LA ROUTE et de travailler. L'écrivain prend le dessus, la mère de famille tempère comme elle peut, mais comment résister? "On est si près", comme il dit.
C'est parti pour trois heures de route et le passage de la frontière avec le Canada. A l'arrivée, les chutes sont aussi impressionnantes que le business organisé tout autour.




Annette photographie des touristes à parapluies (parmi lesquels des moines tibétains improbables) et des mouettes, nous avalons un hot-dog sous le crachin rafraîchissant des chutes.




Nous renonçons à prendre le bateau car Gaston ne tient pas en place et nous épuise nerveusement. Nous craignons qu’il se mette en danger, rien ne l'arrête, il court partout! Le sortir de la voiture revient à ouvrir une cage à oiseaux. Aussitôt, il déplie des ailes d'impatience.
 Des immeubles démesurés et des tours panoramiques (casinos, hôtels) se dressent vers les nuages, imposants.



Nous passons plusieurs heures dans la rue dédiée aux loisirs, encerclée de Motel propret au design seventies : fun house, grande roue, château hanté,  fast foods, bowling, fabrique de fugde en barres d’un mètre, salle de jeux arcade, grande roue, mini-golf, magasins de souvenirs et gadgets, boutique Harley Davidson... les prix sont exorbitants mais visuellement, c’est un feu d’artifice d’enseignes démesurées, de couleurs et de contrastes.








Gaston s'éclate avec une Harley et construit un pont en Légo, Annette se régale avec son appareil photo et je craque pour un fudge framboise chocolat blanc.




C'est une journée parfaitement régressive. Une destination très prisée pour les voyages de noces. Si nous étions montés mon mari et moi en haut d'une de ces tours pour y jouer un mois de paye au Casino après avoir dégusté des cocktails dans un bar panoramique, nous aurions sans doute trouvé cela encore plus Raaaah lovely, bref, à notre goût.





24.7.11

Good bye to french cuisine - 28 juin



Nous avons quitté le restaurant de nos amis La Fleur, www.restaurantlafleur.net, Mayville, à regrets, mais il faut bien la prendre, cette route ! Et je piaffe d'impatience à présent.




Avant le départ, Annette fait quelques photos de la maison: les jolies chambres où nous nous sommes reposés, (nous dormions à l'étage, au-dessus du restaurant), et l'établissement avec son mobilier rétro et son joli salon, sa terrasse.






Tequila, le petit chien de Jonathan et Saskia est triste de nous voir partir... Son truc dans la vie, c'est un peu les câlins et jouer avec les enfants. Adorable! Annette partirait bien avec...




Voyage retour de cinq heures trente depuis Cleveland où nous avons fait une halte la nuit dans un Best Western - où une fois encore l’eau de la piscine était trop froide pour se baigner mais nous aimons le confort rassurant des chambres.
Sur la route, soudain, Pierre s’aperçoit qu’il n’a plus sa carte de crédit. Oubliée dans le distributeur de billets d’une banque, à Westfield, à plus d’une journée de route ! 
Il a travaillé comme un dingue avant notre départ. La fatigue du voyage (il conduit, c'est super fatiguant, non? Moi, je contrôle la route sur la carte et lui dit quand il prend la mauvaise rocade ou que ses yeux se ferment insensiblement), le fait d'avoir arrêté brusquement de fumer en prévision du voyage, son traitement Champix, y a de quoi vous décalquer un époux. Il mettra 48 heures à s’en remettre. Jusqu’à ce qu’il reçoive une carte de remplacement adressée par notre banque à la réception de l’hôtel Best Western à Chicago.
L'auteur (ô la vilaine que je suis!) voit là un acte manqué: je ne peux m’empêcher de trouver cela terriblement intéressant pour mon roman. Le profil du mari "totalement à côté de la plaque" qui perd  ses moyens hors du territoire français, qui patauge avec l'anglais comme un élève de sixième, et se trouve donc dans une grande confusion, en demande d’aide permanente, me plait bien: voilà de la belle matière pour le mari de Lola. C’est juste un peu emmerdant à vivre dans la vraie vie pour lui (qui sent bien que je le regarde de travers) et pour moi (je dois faire gaffe à tout) à cet instant du voyage. D'autant que ça ne fait que commencer. Arrivés à Las Vegas, j'en serais presque à demander le divorce!






23.7.11

Back to Chicago - 29 juin



Après une soirée étape sur la route dans les environs de Cleveland (dont je n'ai guère gardé de souvenir), nous arrivons à Chicago vers 19h00 et dormons donc dans un Best Western (j’ai pris une carte de fidélité pour avoir droit à des nuits gratuites: le hic, c'est que je n'y aurai jamais droit. La promo n'est valable que pour les américains) à Hillside, à 20 mn du centre ville - tout près de vilain parc comme dirait Gaston. Nous voici revenus à notre point de départ. Mais le motel est bien plus cosy et confortable que notre premier Motel 6 et nous décidons d'y passer deux nuits. 



Chinatown. Nous dînons dans un restaurant indiqué par le guide Petit futé. Emperor’s choice. Une excellente adresse qui ne paie pas de mine. La déco est spartiate mais les plats copieux et étonnants de saveur : le poisson frit de Gaston a un petit goût de sésame que contraste la sauce de soja. Il dévore les brocolis et Annette se demande comment elle va finir sa portion de boulettes au bœuf. La bière est servie glacée. Heureusement, car ils ont coupé la climatisation (nous dînons tard, vers 22 heures toujours pas calés sur le rythme américain), sans doute pour nous signifier qu’il serait bien que nous finissions nos plats rapidement - situation qui va se répéter tout au long du voyage. Gasp! Cela sera aussi un élément du roman caractéristique du premier voyage de Lola sur la route.






On nous apporte les fameux gâteaux de la chance comme les appelle Annette. Nous les ouvrons pour découvrir à l'intérieur un papier plié. Celui de Pierre donne particulièrement à sourire : "You have the ability to do several things at one tome ande do them all well". Le mien est énigmatique: "You will soon be receiving sound spoken adivce. Listen!" Quant à Annette, on ne pouvait trouver mieux: "You are serious about your emotional relationships but tend to be more reserved with your fellings." A quand un amoureux pour ma princesse ?


Nous repartons avec quatre gros doggy-bag. Annette et moi faisons quelques photos de la rue avant de remonter dans la voiture où Gaston s’endort déjà.